En effet, dans une petite chambre du 4, Privet Drive, se trouvait un grand jeune homme brun, maigre aux yeux verts. Il était allongé sur son lit, les mains sous la tête, fixant le plafond d'un air absent. Le célèbre Harry Potter venait d'assister il y a quelques jours à l'assassinat du plus grand sorcier du monde : Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore. Avant sa mort, celui-ci lui avait confié la mission de retrouver et de détruire les parties d'âmes de Lord Voldemort : les Horcruxes. Il y en avait sept et il les avait cachés dans sept objets. Lui seul les connaissait...mais Harry avait la mission de les retrouver, et il avait déjà réfléchi quelques hypothèses... la coupe d'Helga Poufsouffle, l'épée de Godric Griffondor et le médaillon de Salazar Serpentard...
Mais Harry ne savait pas comment les retrouver...ils pouvaient être à Poudlard, au Ministère, ou pire encore : il pouvait être soumis à l'"Evanesco", le sortilège de Disparition...
Il passa des heures à se torturer l'esprit avec des questions dont il ignorait les réponses, mais il fut rapidement dérangé par un hibou qui tapait au carreau de sa fenêtre. C'était Coquecigrue.
"Sûrement une lettre de Ron !", se dit Harry.
Et effectivement, c'était son meilleur ami qui lui écrivait du Terrier :
Je suis heureux de t'annoncer que nous viendrons te chercher chez toi le jour de ton anniversaire, vers 11 heures. Ici, c'est affreux, maman n'arrête pas de nous harceler Fred, Georges, Ginny et moi ; elle veut que tout soit parfait pour le mariage de Bill et Fleurk...euh Fleur... même si ça ne l'enchante pas plus que ça...Hermione est arrivée hier soir (elle m'a déjà fait un planning de révisions...) et on t'attends tous avec impatience !
Mes amitiés,
Il ne put s'empêcher de sourire en s'imaginant Ron en train d'astiquer le rez de chaussez pour le mariage de son frère...Et il repensait à Ginny...Sa Ginny qu'il avait quitté le jour de l'enterrement de Dumbledore...Il l'aimait plus que tout mais ne préférait pas se remettre avec elle de peur que Voldemort ne s'en serve comme cible pour l'atteindre...
"Elle m'a sûrement déjà oublié, pensa-t-il, ou alors elle a dû trouver quelqu'un d'autre..."
Ces deux pensées lui retournaient l'estomac. Il essayait de la chasser de son esprit mais rien à faire, il ne pouvait s'empêcher de revivre les si bons moments qu'ils avaient passé ensemble, au bord du lac à Poudlard. Il ferma les yeux puis s'endormit paisiblement. A son réveil, Harry était encore plus fatigué qu'avant son somme. Il se leva et ouvrit la fenêtre. Le soleil commençait à se coucher, dévoilant un ciel bleuté mêlé à de légères touches orangées. Il ne restait plus que deux jours avant que les Weasley viennent le chercher, et il mourrait d'envie de quitter cette affreuse maison qu'il avait tant haï. Il ferma la fenêtre puis descendit en bas. Lorsqu'il entra dans la cuisine, il vit la famille Dursley scotchée à leur éternelle émission de télévision qui ne pouvait être que stupide... Il ouvrit le frigo avec précaution afin de ne pas déranger la famille, y prit quelques pommes puis remonta dans sa chambre tout aussi discrètement.
Après en avoir mangé une, il commença à faire sa vlise pour le Terrier. Mais une fois de plus, il fut interrompu par une superbe chouette noire qu'il ne connaissait pas. Il décrocha le rouleau qui était attaché à ses pattes et lu :
J'ai le plaisir de vous annoncer la date de votre examen de transplanage. Il aura lieu le mercredi 15 Août à 10 heures 30 au NIVEAU 6 ( Département des transports magiques, Régie autonome des transports par cheminée, Service de régulation des balais, Office des portoloins, Centre d'essai de transplanage). Nous comptons sur votre présence.
Veuillez agréer, cher Monsieur Harry James Potter, l'expression de mes plus sincères salutations.
Harry remit le papier dans sa poche et continua de ranger ses multiples robes de sorciers qui traînaient dans tous les coins de la pièce.
Lorsqu'il eût terminé, il s'assit sur son lit et s'endormit de nouveau.
Le lendemain passa très vite pour Harry, car il avait une fois de plus passé les trois quarts de la journée à dormir, ou à relire les lettres que ses amis lui avaient envoyées au cours des six dernières années. Il était à présent 23H48 et dans quelques minutes, il sera majeur. 23H56...23H57...23H58...23H59...
- CA Y'EST ! JE SUIS MAJEUR ! s'écria-t-il sans faire la moindre attention au vacarme qu'il faisait.
- Non mais ça va pas espèce d'idiot ! Tu compte réveiller toute la ville comme ça ?!
- Oh, excusez-moi oncle Vernon...Je suis tellement heureux de quitter cette...euh...famille, déclara-t-il.
L'oncle Vernon s'approcha de Harry d'un pas claudiquant pour s'emparer de ses épaules mais celui-ci leva instinctivement sa baguette devant le visage repoussant de son oncle.
- P...pointe ce..cette chose a...a...ailleurs que dev...devant mon nez, p...petit p...prétentieux, bafouilla-t-il.
- Pardon ? Serais-tu assez idiot pour me traiter de prétentieux ? répliqua Harry qui s'avançait à son tour devant l'oncle Vernon, sa baguette toujours pointée vers lui.
- Ne me cherche pas.
- Mais je t'ai déjà trouvé...inutile de perdre mon temps, dit-il sur un ton désespéré.
Ne sachant que répliquer, l'oncle Vernon sortit de la chambre de Harry à reculons, en fixant la baguette qu'il pointait devant lui. Derrière la porte, Harry l'entendait marmonner des paroles telles que "...petit crétin...", "...sal vaurien...", "...imbécile" et encore d'autres insultes qui faisaient sourire Harry.
Il était pressé d'être demain pour retrouver les Weasley ainsi qu'Hermione. Il eût du mal à s'endormir avec toutes les images qui lui venaient à l'esprit, mais il trouva tout de même le sommeil...
Le lendemain matin, Harry était de tellement bonne humeur qu'il faillit dire bonjour aux Dursley avant de prendre son petit déjeuner. Il monta ensuite à l'étage, pris sa douche et tenta éperduement de coiffer ses cheveux noirs...mais il n'y parvint pas. Il était 10H45...ils n'allaient pas tarder à arriver. Il descendit sa valise en pronnonçant le sortilège "Locomotor barda" qu'avait utilisé Tonks il y a deux ans. A présent, il pouvait utiliser la magie n'importe où. Lorsqu'il fut en bas des escaliers, il découvrit la famille Dursley mi-effrayée mi-ébahie par la valise qui venait de leur passer sous les yeux. L'oncle Vernon fut le premier à redescendre sur terre :
- Où vas-tu comme ça mon garçon ? dit-il sur un ton faussement enjoué.
- Je m'en vais, je pense que cela ne vous pose aucun inconvénient, dit Harry l'air indifférent.
- Ah très bien, poursuivit l'oncle Vernon. Tu entends ça Pétunia chérie ? Il s'en va ! Eh bien mon garçon, bon vent ! dit-il d'un air joyeux, son énorme ventre lui servant de repose-mains.
Harry avait une envie brûlante de les remercier pour les seize "merveilleuses" années qu'il avait passé en leur compagnie...mais s'en retint, et se contenta de répliquer :
- C'est ça, au revoir.
Mais au moment où il s'apprêtait d'enclancher la porte, la tante Pétunia se leva et le serra maladroitement dans ses bras, sous le regard dégoûté de son oncle et son cousin. C'était la première fois qu'elle le touchait, la première fois depuis seize ans. Elle déclara enfin :
- Au revoir mon chéri. Fais bien attention à toi...Reviens quand tu veux.
- Euh...oui...merci tante Pétunia...au...au revoir, dit-il en bafouillant.
Et il attendit dehors sur les marches du pavillon, l'esprit complètement chamboulé.

